Ronto R, Saberi G, Leila Robbers GM, Godrich S, Lawrence M, et al. (2022) Identifying effective interventions to promote consumption of protein-rich foods from lower ecological footprint sources : A systematic literature review. PLOS Global Public Health 2(3) : e0000209. https://doi.org/10.1371/journal.pgph.0000209 (accès libre)
Concerne :
Santé publique, nutrition, durabilité
Question :
Identifier les interventions efficaces pour promouvoir la consommation d’aliments riches en protéines à faible empreinte écologique.
Le résultat pour la pratique de la nutrition :
Il existe un manque évident de données probantes sur les interventions visant à promouvoir une alimentation à base de plantes dans la population générale.
Résumé :
La lutte contre la surconsommation d’aliments riches en protéines provenant de sources à forte empreinte écologique peut avoir des effets positifs sur la santé, comme la réduction du risque de maladies non transmissibles et la protection de l’environnement naturel. Compte tenu de l’attention accrue portée au développement de régimes alimentaires écologiquement durables, cette étude systématique visait à examiner de manière critique la littérature sur l’efficacité des interventions visant à promouvoir les aliments riches en protéines provenant de sources à faible empreinte écologique.
Cinq bases de données électroniques (Medline, Web of Science, Scopus, Embase et Global Health) ont été consultées pour trouver des articles publiés jusqu’en janvier 2021. Les études quantitatives étaient admissibles à l’inclusion si elles portaient sur la consommation réelle ou intentionnelle d’aliments riches en protéines d’origine animale et/ou végétale ; l’achat ou le choix d’un régime alimentaire à base de viande ou de plantes dans des environnements réels ou virtuels. Nous avons évalué l’éligibilité de 140 articles en texte intégral, dont 51 ont été inclus dans cette revue.
Les résultats ont fait l’objet d’une synthèse narrative. Les études incluses ont été classées en deux catégories : les interventions visant à modifier le comportement au niveau individuel (n = 33), qui comprennent l’éducation, le conseil et l’autocontrôle, et les interventions visant à modifier le comportement au niveau micro-environnemental/structurel (n = 18), qui comprennent la manipulation des menus, l’architecture des choix et les approches à composantes multiples. La moitié des interventions au niveau individuel (52%) visaient à réduire la consommation de viande rouge/transformée chez les personnes souffrant de maladies chroniques actuelles/antérieures, ce qui a permis de réduire la consommation de viande à court terme. La majorité des études sur le micro-environnement se sont concentrées sur l’augmentation de l’alimentation à base de plantes dans les cantines, entraînant des changements alimentaires positifs. Ces résultats mettent en évidence une lacune évidente dans les données probantes actuelles concernant les interventions visant à promouvoir une alimentation à base de plantes dans la population générale.
Détails des résultats :
Limites
- L’une des limites de cette analyse est que la plupart des études incluses ont été menées dans des pays à revenu élevé et que seules quelques études ont été menées dans des pays à revenu faible ou moyen (PRFM). Cela peut s’expliquer par le fait que le concept d’alimentation à base de plantes dans les pays à revenu élevé a reçu une attention accrue au cours des cinq dernières années et que les pays à revenu faible et intermédiaire n’en ont pas fait une priorité en tant que question importante de nutrition et d’environnement, car ils sont confrontés à d’autres problèmes liés à l’alimentation, tels que la sous-nutrition et les carences en nutriments. La recherche indique que la consommation de viande dans les PRFM est associée à la richesse, car l’augmentation des revenus a entraîné une consommation importante d’aliments d’origine animale dans ces pays [85].
- En outre, la plupart des études ont utilisé des mesures autodéclarées pour mesurer les comportements alimentaires, ce qui peut accroître les biais [86].
- De plus, cette revue s’est limitée à la littérature publiée en anglais et n’a pas inclus les articles publiés dans la littérature grise, il se peut donc que nous ayons manqué des recherches importantes écrites dans d’autres langues. Enfin, la majorité des interventions visant à modifier le comportement au niveau individuel concernaient des personnes qui peuvent être très motivées pour modifier leur comportement alimentaire, comme les survivants du cancer ou les personnes risquant de développer des maladies chroniques, ce qui limite la généralisation des données à la population générale.
Résultats
La présente revue a identifié des interventions efficaces de changement de comportement individuel et micro-environnemental qui ont montré des résultats prometteurs dans la réduction de l’apport en protéines provenant de sources à forte empreinte écologique.
- Les résultats suggèrent que lesinterventions individuelles visant à modifier le comportement, telles que l’éducation, le conseil et les interventions d’autocontrôle, pourraient être des stratégies utiles pour apprendre aux gens à modifier leurs comportements alimentaires en faveur de comportements plus durables. Cependant, il est nécessaire de tester ces stratégies parmi la population générale de manière longitudinale.
- En outre, nos résultats ont montré que la modification des environnements alimentaires à l’aide d’approches basées sur le nudging et l’architecture des choix peut entraîner des changements alimentaires positifs, mais il est nécessaire de développer et d’évaluer des interventions dans des contextes généraux (macro-environnements) et d’explorer les motivations dans les comportements d’achat d’aliments durables.
Nos résultats éclairent les recherches futures pour le développement et l’évaluation d’interventions et de stratégies visant à encourager une plus grande adoption de régimes alimentaires durables et sains.
Autre sujet d’intérêt :
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Commentaire de l’éditeur :
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Conflit d’intérêt/financement :
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Liens externes pertinents :
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Auteur correspondant :
Dr Rimante Ronto
Département des sciences de la santé, Université Macquarie, Australie
Rimante.ronto@mq.edu.au
mise à jour 2026 février